Trump jure qu'il ne se mêle pas des francophones, puis prononce « Chicoutimi » comme une menace
Donald Trump a formellement nié toute ingérence dans les affaires des Canadiens francophones, ce qui soulève une question que personne n'avait posée : pourquoi y pensait-il ?
Le démenti est arrivé sans question préalable, comme un voisin qui vous jure spontanément qu'il n'a pas touché à votre souffleuse. Le président a précisé qu'il aimait beaucoup « les gens du Québec, des gens formidables, ils parlent une langue magnifique, très romantique », avant d'ajouter que leur système de gestion de l'offre était « une catastrophe ».
À Québec, la réaction fut instantanée et parfaitement québécoise : on s'est insurgé d'être ignoré pendant vingt ans, puis on s'est insurgé d'être remarqué. L'Office québécois de la langue française a néanmoins ouvert un dossier préliminaire pour vérifier si « Kwuh-bek » constitue un anglicisme punissable.
Le plus savoureux reste ceci : le seul dossier sur lequel Washington et Ottawa s'entendent depuis six mois, c'est que le Québec est compliqué. Une entente historique, bâtie sur l'exaspération commune.
Pendant ce temps, en Alberta, Rachel Notley et Jason Kenney, deux personnes qui ne se sont jamais passé le sel, s'unissent contre la sécession de leur province. Le Canada a donc atteint un état rare : il faut une menace américaine pour que les Albertains s'entendent et que les Québécois se sentent flattés d'être insultés.
Un diplomate résume : « On a passé cent cinquante ans à chercher une identité nationale commune. Fallait juste un Américain qui parle. »